Discours du 19 septembre 2016 au Mont Coffyn

.panneau esplanade copie

Monsieur le Haut-Commissaire de la République

Madame la Député-Maire de Nouméa
Monsieur le Président du Congrès de la Nouvelle Calédonie
Monsieur le Président de la Province Sud
Monsieur le Général commandant supérieur des Forces armées
de Nouvelle Calédonie
Monsieur le Maire Honoraire de Nouméa
Mesdames Messieurs

Permettez-moi tout d’abord de remercier Madame la Députée-Maire de Nouméa, son conseil municipal et Monsieur la Maire honoraire de Nouméa pour avoir avalisé et financé les ouvrages que nous venons de dévoiler sur ce haut lieu du Patriotisme calédonien à l’occasion du 75ème anniversaire du Ralliement. Je remercie également les membres des Familles VERGES et DUBOIS qui nous font l’honneur d’être présents à cette cérémonie.

Aujourd’hui nous dénommons officiellement l’emplacement de la Croix de Lorraine du Mont Coffyn.

ESPLANADE DU 19 SEPTEMBRE 1940
En mémoire
Du Ralliement de la Nouvelle Calédonie à la France Libre

Nous venons de dévoiler la plaque identifiant l’esplanade et le panneau du circuit Historique de la ville rappelant succinctement les conditions de ce Ralliement.
Sur ces panneaux figure la Médaille de la Résistance Française, décoration rarissime qui ne fut attribuée qu’à 60 000 personnes dont 20 000 à titre posthume, à 17 communes de métropole et au Territoire de la Nouvelle Calédonie.
Cette médaille fut remise le 24 avril 1993 à M. Jean LEQUES, président d’honneur de l’association des engagés volontaires de la France Libre, par le Général d’armée Jean SIMON chancelier de l’Ordre de la Libération.

Mais revenons à notre Croix de Lorraine !
En effet, cette Croix de Lorraine a été érigée le 18 juin 1973 pour commémorer le Ralliement de la Nouvelle Calédonie à la France Libre et pour rendre hommage aux Calédoniens, dont les noms sont gravés sur le monument et qui ont contracté un engagement individuel auprès du Général de Gaulle entre le 18 juin 1940 et le 1er aout 1943.

Le 19 septembre 1940 la Nouvelle Calédonie se ralliait à la France Libre créée à Londres le 18 juin 1940 par la volonté d’un homme, le Général Charles de Gaulle.

Ce ralliement du Territoire fut l’œuvre de Patriotes calédoniens qui, refusant l’armistice et l’infamie, se rassemblèrent en dehors de leurs convictions politiques pour créer les « Comités de Gaulle »

Ces « Comités de Gaulle » menés par Raymond Pognon, Michel Verges et Georges Dubois insufflèrent à la population calédonienne une volonté de résistance et la réalisation, sans violence, d’un immense rassemblement populaire à Nouméa lors de l’arrivée du Gouverneur Henri Sautot.

Le Gouverneur Sautot était en poste aux Nouvelles Hébrides. Mandaté par le Général de Gaulle il rejoignit Nouméa sous escorte du navire militaire australien Adelaïde dont la présence et la puissance de feu incita certainement les forces Vichystes à ne pas opposer de résistance aux partisans du Ralliement.

En fin de journée, ce 19 septembre 1940, Henri Sautot prend possession du bureau du Gouverneur à la place du colonel Denis, démis de ses fonctions et annonce à la population le Ralliement de la Nouvelle-Calédonie à la France Libre.

Henri Sautot, Michel Vergès, Raymond Pognon et Georges Dubois seront nommés Compagnons de la Libération et la Nouvelle Calédonie, pour son dévouement et son rôle stratégique, recevra la Médaille de la Résistance Française par décret en date du 24 avril 1946.

Mais l’Histoire est injuste ! Il y eu bien sûr beaucoup d’autres calédoniens à prendre fait et cause pour ne pas sombrer dans la collaboration et qui contribuèrent activement à l’extraordinaire aventure que fut la présence américaine mais aussi australienne et néo-zélandaise sur la terre calédonienne.

L’Histoire est cruelle, elle ne retient que les monstres ou les héros en oubliant le commun des mortels, leurs actions, leurs sacrifices, leur dévouement rarement récompensé.
Aujourd’hui en donnant une identité à cette esplanade c’est à tous ces anonymes que nous pensons et désormais ceux qui passeront par ce lieu sauront et pourront en quelques clics sur leur appareil multimédia découvrir ce que fut la Résistance calédonienne et son implication dans cette effroyable guerre du Pacifique.

L’hommage d’aujourd’hui n’appelle que le chant qui va s’élever maintenant !

Il fut pour certains le chant du Malheur…
Je pense aux résistants arrêtés et torturés, attendant dans le froid d’une cellule l’arrivée de leurs bourreaux ou leur transfert vers les camps de la Mort!
Je pense aux maquisards dénoncés et massacrés par les Nazis et la Milice !
Je pense à tous ceux, des jeunes surtout, qui au petit matin finissaient leurs courtes vies dans les fossés du Mont Valérien ou du fort de Vincennes, mitraillés par les SS !
Mais ce chant, c’est aussi un chant de Résistance, de combat, de fraternité reliant entre eux tous les Patriotes de France quel que soient leurs opinions politiques, leurs religions ou leurs couleurs de peau !

Ce fut le chant de nos Volontaires du Pacifique qui, à Bir Hakeim, rendirent à la France son honneur perdu !

Ce fut le chant de nos Marins calédoniens des Forces Navales Françaises Libres qui inlassablement, montaient la garde sur les hauteurs du Territoire, guettant l’approche de l’ennemi et patrouillant dans les eaux calédoniennes !

Ce fut le chant de nos parachutistes calédoniens des Forces Aériennes françaises Libres qui eurent le redoutable honneur d’être les premiers soldats de la Liberté à poser le pied sur le sol de France, en Bretagne, dans la nuit du 5 au 6 juin 1944 et qui y menèrent de terribles combats.

Ce fut le chant des membres du Corps Franc de cavalerie de Nouvelle Calédonie commandé par le Lieutenant VERGES et des membres de la Milice civique de la France Libre commandée par le capitaine DUBOIS dont bon nombre s’engagèrent au Bataillon du Commandant BROCHE!

Monsieur le Haut-Commissaire, mesdames, messieurs, voici le Chant des Partisans !
Nous allons procéder au dépôt de gerbes

J’appelle la gerbe de la Fondation de la France Libre déposée par Monsieur René VERGES neveu de Michel VERGES, Compagnon de la Libération.
La gerbe de M. Le Maire Honoraire de Nouméa
La gerbe de Monsieur le Général commandant supérieur des Forces armées de Nouvelle Calédonie
La gerbe de M. le président de la Province Sud
La gerbe de M le président du congrès de la nouvelle Calédonie
La gerbe de M. le président du Gouvernement de la Nouvelle Calédonie
La gerbe de M. le Sénateur de la Nouvelle Calédonie
La gerbe de Mme La Député Maire de Nouméa
La gerbe de M. le Haut-Commissaire de la république en Nouvelle Calédonie.

AUX MORTS
Sonnerie
Marseillaise

Le délégué de la Fondation Michel MOURGUET

Panneau réduit.pdf 1sautot adelaide copie

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *