Messe en hommage à la disparition du Général de Gaulle

 

Michel MOURGUET
Chevalier de l’Ordre national du Mérite

Allocution du 9 novembre 2015
En ces minutes de recueillement à la mémoire de celui qui fut le Chef de la France Libre nous nous devons d’orienter nos pensées vers ceux de ses compagnons qui nous ont quittés cette année.

Monsieur Hermelien TARDIVEL, du Bataillon du Pacifique.
Monsieur Charles MILLOT, du Bataillon du Pacifique.
Monsieur Jean BETFORT, des Forces Navales Françaises Libres.
Monsieur Ferdinand COURTOT, des Forces Navales Françaises Libres.
Et, Monsieur Marius GRESSIER, du 3ème Régiment de Parachutistes Coloniaux, notre porte drapeau.
Nous aurons aussi une pensée pour ceux que l’âge et la maladie maintiennent à leurs domiciles et dont certains, la mort dans l’âme, m’ont téléphoné pour nous demander d’excuser leur absence.
Je veux citer : M. Maurice MEUNIER, M. Victor NEUGY, M. Roger LUDEAU, M. Ovide BON, M. Guy GOUJON, M. Jacques LUCIEN, M. Jean DRAYTON. Ce sont là les derniers combattants de la France Libre, connus, de notre Territoire.
Ils furent de ceux qui répondirent à l’appel de la France en péril de mort et qui rallièrent les Force Françaises Libres. Ils furent de l’équipe volontaire des bons compagnons qui ont maintenu leur pays dans la guerre et dans l’honneur et ils furent de ceux qui, au premier rang, lui ont permis de remporter la victoire. Ne les oublions pas…

Si il est un aspect de la personnalité du Général de Gaulle que nous connaissons peu c’est celui qu’il entretenait avec sa fille Anne, enfant handicapée et qu’une certaine presse, il y a peu, a tourné en dérision grotesque !
Et c’est bien dans la mission de la Fondation de la France Libre que de dénoncer de tels agissements et de clarifier la réalité des choses et des évènements pour ce qui concerne les Français Libres et la personnalité de leur chef.

Le Général de Gaulle avait pour sa fille un amour infini
Anne est née en 1928 atteinte du syndrome de Dawn : la trisomie 21. Anne en gardera des séquelles qui lui rendront la marche difficile. Mais celui qui n’est pas encore le grand personnage que l’on connait et son épouse voient en cette enfant une bénédiction : « Anne était aussi une grâce, elle m’a aidé à dépasser tous les échecs et tous les hommes, à voir plus haut » dira-t-il en 1940.

L’infinie fragilité de la petite fille a nourri la force du Général. Pour elle, le militaire inflexible devenait un soldat discipliné, incapable de dire non à ses exigences et prêt à tout pour la protéger. Alors qu’il est en poste à Metz, à la veille de la Seconde Guerre Mondiale, le Colonel de Gaulle demande que l’on ouvre les grilles du jardin botanique dès 7 heures du matin quand le temps est clément.
Il veut pouvoir se promener avec Anne dans les allées désertes sans que les badauds dévisagent cette enfant aux traits curieusement asiatiques qui se déplace avec peine. Pendant la guerre, en Angleterre, rien ne peut se mettre en travers de sa route quand il a décidé de passer du temps avec sa fille.
Il n’y a qu’avec elle que le Général se laisse aller aux élans d’affection dont il est si avare avec ses proches. Elle est son moteur, sa cause première, celle qui a fait de lui un grand homme. Il en est infiniment conscient. « Sans Anne, peut-être n’aurais-je jamais fait ce que j’ai fait. Elle m’a donné le cœur et l’inspiration » avoue-t-il à Jean Lacouture, son biographe.
Anne meurt à 20 ans, en 1948, d’une pneumonie dans les bras de son père. A la fin des funérailles, à Colombey-les-Deux-Églises, le Général de Gaulle est debout devant la tombe, le visage plongé dans ses mains. L’homme qui avait sauvé l’honneur de la France, le grand soldat qui avait affronté la barbarie nazie n’est plus qu’un père inconsolable. Quelques instants plus tard, alors que le corps d’Anne vient d’être inhumé et qu’ils se recueillent devant la tombe de leur fille, le Général pose sa main sur le bras de son épouse et lui murmure : « Maintenant, elle est comme les autres. »
Plus jamais, le souvenir de sa fille n’a quitté le Général. Elle vit encore à travers la fondation Anne de Gaulle, fondée par Charles et Yvonne pour offrir un toit et des soins aux jeunes filles handicapées sans ressources et quand le Général meurt, le 9 novembre 1970, il est inhumé aux côtés de sa fille.
Pour l’éternité, son « papa » veille sur elle.
Souvenons-nous de cet homme au caractère austère, intransigeant, orgueilleux de la France et de son rayonnement dans le monde, souvenons-nous de cet homme et de son humanisme nationaliste qui écrivit un jour et que nous avons pour devoir, sans être trop crédule, d’y souscrire :

«En notre temps, la seule querelle qui vaille est celle de l’homme. C’est l’homme qu’il s’agit de sauver, de faire vivre et de développer.»
Nouméa, le 9 novembre 2015

carton recto messe anniversaire de gaulle 2015 copie copie

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